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PRIÈRE POUR NOS FRÈRES MAROCAINS

Photo : M. ZERAOUI, ancien du 1° GTM et chef d'équipe du Capitaine Lucasseau pour la réalisation de la seguia de Skoura (12Km, 5.000ha de terres irriguées)

En pays berbère particulièrement, l’histoire franco-marocaine est une histoire de militaires : 45 ans de protectorat, 40 ans de guerres, de l’Atlas en Indochine en passant par toutes les régions libérées par l’armée d’Afrique (Tunisie, Italie, Corse, Provence, Alpes, Alsace...)


Après les terribles combats qui les ont opposés, au cours desquels les Français ont pu mesurer l’incroyable courage des guerriers marocains, il y eut entre les Berbères et les Français présents dans l’Atlas, souvent des militaires, mais aussi des médecins et de nombreux fonctionnaires (éducation, eaux et forêts, postes, etc) une relation très particulière où se mêlaient paternalisme, admiration réciproque, et très souvent, une grande tendresse, surtout après les campagnes d’Italie et de France.

Les officiers du début du siècle dernier étaient tous, presque sans exception, de fervents catholiques, croyants et pratiquants. Cette prière émouvante a été une des prières des officiers des Affaires Indigènes.
 

PRIÈRE POUR NOS FRÈRES MAROCAINS


Nous venons prier, Seigneur, pour les morts de l’Islam.

Un jour, Notre-Dame de la Garde,
dont le visage est tourné vers l’Afrique,
a vu surgir  l’escadre innombrable
qui venait combattre l’hérésie nouvelle,
et mourir
pour que s’efface de notre terre jusqu’à la trace de la lèpre brune.

Ils sont venus, Seigneur, des rives sarrazines.

Combien d’entre eux sont morts sur les routes de France,
des cyprès de Provence jusqu’aux neiges du Rhin,
si loin de la terre où leur cœur était resté,
si loin des tentes noires et des ksour aux murs fauves,
des oliviers tordus,
du bruissement des palmes sous la brise du sud
et de l’âpre chanson du vent dans les cèdres argentés.

Remplis du souvenir d’une lumière unique,
leurs yeux se sont fermés aux brumes d’occident.

Certes ils ne sont pas pliés sous votre loi,
mais ils ont fait au pays chrétien
l’offrande de leur simple vie.

Seigneur, dans votre infinie bonté,
si vous nous donnez la grâce de connaître votre béatitude éternelle,
permettez que les durs guerriers de Berbérie,
qui ont libéré nos foyers
et apporté à nos enfants le réconfort de leur sourire,
se tiennent près de nous, épaule contre épaule,
comme naguère sur la ligne de bataille,
et que, dans la paix de votre paradis,
ils sachent, oh qu’ils sachent, Seigneur,
combien nous les avons aimés.


Édité par La Koumia
(Association des anciens des Affaires Indigènes et des Goums marocains).