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LES GOUMIERS

LES GOUMIERS MAROCAINS

(diaporama au bas de la page)

Les goums sont des groupes de supplétifs. Les six premiers goums marocains furent créés en 1908. En juin 43, plus de 100 goums étaient prêts à entrer en campagne, préparés par le général Guillaume. Cinq goums formaient un tabor. Trois tabors formaient un GTM (Groupement de Tabors Marocains).

En 1943, un goum d’infanterie comprend :
- 1 Commandant de Goum, 1 officier adjoint.
- 3 Sections de combat avec chacune 2 sous-officiers français, 2 groupes F.M., 1 groupe d'assaut.
Effectif total : 2 officiers - 12 sous-officiers français, 209 Marocains.
Equipement : 9 fusils mitrailleurs - 1 mortier de 60 - 4 rocketgun - 2 mitrailleuses légères - 21 pistolets mitrailleurs - 9 lance-grenades - 14 chevaux - 28 mulets - 1 jeep - 1 camion 2,5 t - 1 poste radio S.C.R. 284 - 4 postes radio S.C.R. 536.

L’effectif total d'un G.T.M. est de :
 - 50 officiers dont un colonel
- 165 sous-officiers et gradés français
- 2727 Marocains
- 375 chevaux
- 410 mulets.


ORIGINALITÉ :

Le goumier reste un homme libre. Il signe pour un an et choisit son goum, et son officier, auquel il se lie d’homme à homme. Par exemple, quand le capitaine de Bournazel a été muté dans le sud marocain, tous ses goumiers Branès (tribu du Rif) l’ont suivi ! Dans la kechla, campement des goumiers, il y a aussi les femmes et les enfants. Les officiers A.I. qui les commandent ont avec chaque homme un rapport personnel.

Le goum fait merveille en montagne. Avec leur équipement léger et leurs mules (on les surnommait en Italie la Royal Brel Force, brel signifiant mule en arabe…), ils se sont montrés irremplaçables dans les Abruzzes, où les Allemands tenaient les crêtes et où les forces alliées étaient bloquées dans la vallée du Liri.

Voici ce que dit d’eux le colonel de Kérautem, interviewé pour le film « Le Capitaine Cassou » : « Commander un goum était la chose la plus facile au monde. On marchait en colonne sur des chemins de montagnes, et en tant qu’officier,  j’étais en tête de colonne. Au premier coup de feu, il y en avait déjà dix devant moi, et moi qui aurais dû être en tête, je devais alors courir pour les rattraper… » Il ne peut retenir une larme en ajoutant « Ils avaient confiance en nous et nous en eux. C’étaient… des amis, quoi ».

Les goumiers se regroupent derrière le fanion à queue de cheval. Ils eurent droit à leur premier drapeau français en… 1945 - remis par le Général De Gaulle avant le défilé du 14 juillet sur les Champs Elysées. Depuis leur dissolution en 1956, le drapeau est aux Invalides.


EQUIPEMENT DU GOUMIER

Les goumiers marocains se différencient des autres soldats par leur tenue originale.

Dans les rangs de la 1ère armée française débarquée en France en août 1944, uniformément équipée de tenues américaines kaki, les goumiers marocains ne passaient pas inaperçus. L'originalité de leurs tenues, fabriquées localement au Maroc, tranchait sur le reste de l'armée.

Chaque goum, étant une unité administrative, avait son propre modèle de "djellaba", sorte de pèlerine à manches, grossièrement tissée en laine épaisse, de teinte grisâtre, rendue imperméable par la présence de poils de chèvre et de laines de couleurs différentes. En général, s'y mêlaient de longues rayures blanches, noires, grises ou brunes. Quelques-unes étaient chinées. Mais pendant la campagne 1944-1945, les goumiers portaient tous une djellaba couleur muraille à raies brunes et noires, moins voyante. Un capuchon ("koub") servait à couvrir la tête par temps de pluie ou de neige, mais il était plus souvent utilisé comme sac à provisions. Le goumier percevait aussi une "gandoura" (blouse longue à manches courtes ou sans manches), une ample veste, un "séroual" (pantalon venant à mi-jambes). Ses jambes étaient protégées par des "tariouines" (bas de laine sans pied).
Les chaussures ("naâïl", pluriel de "naâla") étaient constituées par des plaques rectangulaires de peau de boeuf non tannée entourant la plante du pied, les poils restant à l'extérieur. Elles étaient fixées à la cheville par des cordelettes en palmier. Par la suite, lorsque le frimas les saisit en montagne, les goumiers eurent droit aux brodequins ou aux snow-boots.

Une sacoche en cuir ("choukara") leur servait de musette, elle était portée en bandoulière, alors qu'un poignard américain était le plus souvent glissé dans la ceinture retenant les cartouchières.

Comme coiffure, les goumiers portaient le "khiout" (constitué par un écheveau de laine brune) ou la "rezza" (coiffure marocaine particulière), parfois le chèche kaki clair. Pendant les opérations en Europe, les goumiers portèrent le casque américain "Mle 17 A 1" (type "plat à barbe"), parfois placé au-dessus de la "rezza" et souvent recouvert d'un filet de camouflage. Les cadres français portaient le képi bleu-clair des Affaires indigènes ou le béret basque.

Si lors de la campagne de Tunisie, les goumiers marocains devaient se servir de mousquetons 1892, de fusils 1907-1915, de FM 1924-1929 avec un équipement constitué de cartouchières modèle 1916 (bien que l'on rencontrât, à cette époque, dans certains goums, des équipements sahariens), l'armement des soldats marocains fut à partir de la seconde moitié de 1943 le même que celui qui équipait les divisions américaines et le reste de l'Armée d'Afrique (PM Thompson, carabine US M1, fusil 1903 ou US 17, mitrailleuses US calibre 30 et 50, mortiers de 60 et 81 mm). Les goumiers avaient, pourtant, conservé le fusil-mitrailleur français 24/29.

Avant le débarquement en France, ils perçurent en Corse, en 1944, des canons antichars américains.

Mais ce qui différencie surtout le goumier des autres soldats, sur les routes d’Europe, ce sont les moutons, leurs éternels moutons qu’ils tiennent en laisse le long de la colonne, ou dans leurs bras quand ils sont à dos de mulet !


PAGES DE GLOIRE

- Les goums ont d’abord participé efficacement à toute la guerre dite « de pacification » du Maroc, présents sur tous les lieux de combat, Rif Atlas et Sud, jusqu’en 1934.

- En 40-42, la France occupée fut mise dans l’obligation de les dissoudre. Noguès et Guillaume changèrent leur appellation (Mellahas Chérifiennes, Travailleurs Auxiliaires…) et réussit à les maintenir, sous les ordres de Decôme, puis de de Butler, malgré les commissions d’armistice allemandes et italiennes. Des dizaines de milliers d’armes légères étaient cachées, déplacées de nuit, et des manœuvres secrètes étaient organisées. Pendant ces deux ans, jamais un seul goumier n’a trahi la France auprès des forces d’occupation.

- En 42-43, campagne de Tunisie. Avec leur équipement hétéroclite et vieillot, ils ont fait l'admiration des anglais et des américains par leur endurance, leur mobilité, leur rusticité et leur audace. Les moutons tunisiens ont bien amélioré leur ordinaire, et dit-on, les prisonniers, vendus aux Américains, leur solde…

- En 43, débarquement en Sicile. Patton a tenu à avoir un tabor marocain au côté de ses troupes.

- En 43 toujours, libération de la Corse et en 44, participation à la libération de l’île d’Elbe.

- Fin 43 et 44 : Campagne d’Italie, de Naples à Sienne. Les GTM font merveille dans les Abruzzes (Cassino, La Mainarde, Mona Casale, etc)

- En 44-45, campagne de France. Libération de Marseille, du Briançonnais, prise des cols des Vosges un par un pendant un hiver très froid (-25°). Participation aux batailles de Stasbourg, de Colmar, des forêts minées de Haguenau…

- En 45, campagnes d’Allemagne et d’Autriche. Participent au percement de la Ligne Siegfried vers Lauterburg, prennent Pforzeim, avancent jusqu’à Stuttgart.

De novembre 1942 à mai 1945, les Goumiers ont subi de lourdes pertes pour libérer la France :
-  67 officiers, 104 sous-officiers, 1454 goumiers tués ou disparus ;
-  115 officiers, 285 sous-officiers, 5993 goumiers blessés ;
soit, au total, 8018 hommes mis hors de combat, soit presque la moitié de l'effectif...

- En Indochine, de 48 à 54, les goumiers sont confrontés à un climat, une végétation et une forme de combat qu’ils n’aiment guère… Engagés au Tonkin, sur la RC4, au Centre-Annam, au Laos. En 55-56, en Algérie, l’approche de l’indépendance du Maroc provoqua chez les eux un malaise et ils furent peu utilisés.

Inspiré de l’étude de Mieczyslaw Wodzinski (Le Temps du Maroc - n° 200 du 27 août 1999)


Sites sur les goumiers et les officiers A.I. :

http://www.farac.org/php/article.php3?id_article=64
http://bassesurlerupt.ifrance.com/html/commune/goums.htm
http://anorinfanterie.free.fr/Html/H-Goums.htm
http://www.ecpad.fr/ecpa/Pagesdyn/result.asp?dossierID=5
http://cf.geocities.com/ralphdebutler/edon.html
http://www.cheminsdememoire.gouv.fr
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article17
http://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr
http://www.nadorcity.com
http://indochine54.free.fr
http://viergedelagarde.free.fr
http://paratge.chez-alice.fr
http://www.goum.ovh.org
http://infaf.free.fr
http://perso.orange.fr/felina/doc/tln/nos_liberat.htm
http://pdbgg240.free.fr/index.php?page=goums
http://perso.orange.fr/4dmm/les_goumiers.htm
http://dafina.net/ (forum : Résistances berbères)
Akka ou Rho à 30 ans 
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