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CAMUS : L'HOMME RÉVOLTÉ

CAMUS :
L’HOMME RÉVOLTÉ
- Vivre est en soi un jugement de valeur. Respirer, c’est juger
- L’homme est la seule créature qui refuse d’être ce qu’elle est .
- Scheler : L’humanitarisme s’accompagne de la haine du monde. On aime l’humanité en général pour ne pas avoir à aimer les êtres en particulier
- Scheler : Accroissement dans l’homme de la notion d’homme et insatisfaction correspondante : la liberté de fait ne s’est pas accrue proportionnellement à la conscience que l’homme en a prise.
- La révolte métaphysique est le mouvement par lequel un homme se dresse contre sa condition et contre la création toute entière.
- Puisque la mort nous menace, il faut démontrer que la mort n’est rien.
- Les héros de Sade : il faut détruire pour créer, la nature a besoin du crime, on l’aide donc à créer dès l’instant où on détruit soi-même (=Shiva)
- Dans sa source, le romantisme défie la loi morale et divine. Son image la plus originale est le dandy. L’être qui doit mourir resplendit au moins avant de disparaître.
- Ivan Karamazov refuse la dépendance profonde que le christianisme a introduite entre la souffrance et la vérité.
- Stendhal : « La seule excuse de Dieu, c’est qu’il n’existe pas »
- La conduite morale telle que Socrate l’a illustrée, ou telle que le christianisme la recommande, veut substituer à l’homme de chair un homme-reflet. Elle condamne l’univers des passions et des cris au nom d’un monde harmonieux, tout entier imaginaire. L’impuissance à croire ce qui est, à voir ce qui se fait, à vivre ce qui s’offre est à la base de tout idéalisme. La morale n’a pas foi au monde. Nietzche : Le socialisme est un christianisme dégénéré : il maintient cette croyance à la finalité de l’histoire qui trahit la vie et la nature, il substitue des fins idéales aux fins réelles. Nietzche a su dire que l’aristocratie consiste à pratiquer la vertu sans se demander pourquoi. Toujours lui : l’humanitarisme n’est qu’un christianisme privé de justification supérieure.
- Dosto : Si on offre à l’homme le droit au déshonneur, on est sûr de le voir s’y ruer.
- Rousseau : La société du Contrat ne convient qu’à des dieux…
- Toute idéologie se fait contre la psychologie. 
- Les déicides du XX°s veulent faire de la terre un royaume où l’homme sera dieu.
- L’avenir est la seule sorte de propriété que les maîtres concèdent volontiers aux esclaves (le paradis compris).
- Nous ne voyons pas dans la réalité ce que nous pouvons observer sur un tableau : qui regardait les mains du bourreau pendant la flagellation ?
- Van Gogh : Je peux me passer de Dieu, mais je ne peux pas, moi souffrant, me passer de quelque chose qui est plus grand que moi, qui est ma vie : la puissance de créer.
- Sauf aux instants fulgurants de la plénitude, toute réalité est inachevée : les actes s’échappent dans d’autres actes, fuient comme l’eau du Tantale…
- Aucun être, même le plus aimé, et qui nous le rende le mieux, n’est jamais en notre possession. C’est une impossible exigence.
- Le roman est un univers où l’action trouve sa forme, où les mots de la fin sont prononcés, où les êtres courent jusqu’au bout de leur destin : ils finissent ce que nous n’achevons jamais. Le roman fabrique du destin, concurrence la création et triomphe, provisoirement, de la mort. Son essence est dans cette correction perpétuelle que l’artiste effectue sur son expérience. Cette correction que l’artiste opère par son langage et par une redistribution d’éléments puisés dans le réel s’appelle le style et donne à l’univers recréé son unité et ses limites.
- La pensée approximative est seule génératrice de réel. L’intelligence, dit Bickel ( ?) est notre faculté de ne pas pousser jusqu’au bout ce que nous pensons afin que nous puissions croire à la réalité.
- Il faut une part de réalisme à toute morale : la vertu pure est meurtrière ; et une part de morale à tout réalisme : le cynisme est meurtrier. Le verbiage humanitaire n’est pas plus fondé que la provocation cynique.

- Tout homme dévoré par le désir de durer et de posséder souhaite aux êtres qu’il a aimés la stérilité et la mort. Ceci est la vraie révolte. Ceux qui, un jour au moins, n’ont pas exigé la virginité absolue des êtres et du monde, ceux qui ne se sont pas détruits à essayer d’aimer à mi-hauteur, ceux-là ne peuvent comprendre la réalité de la révolte et sa fureur de destruction. (Olé !)