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SURPRISES ET CURIOSITÉS GÉNÉALOGIQUES

L'ANCÊTRE N° 1 : François, né vers 1560, élu consul de Fougax

Tous les Boulbès / Boulvès de la galaxie sont originaires des Mijanes, une ferme perdue dans les montagnes, située sur la commune de Fougax-et-Barrineuf en Ariège, d'où l'on peut voir le château de Montségur. Quand la descendance était nombreuse, les enfants quittaient la famille et la région, l'une et l'autre trop pauvres... Beaucoup émigraient vers la Basse Ariège ou vers l'Aude, riche pays de vignobles. Ainsi mon grand-père Hector fut un temps (je suppose) ouvrier agricole près d'Azille, puis régisseur d'une propriété, économisant sou par sou (louis par louis dit-on), avant d'acheter le domaine de Saint-Félix, près de Narbonne, au tout début du XX° s.

 

Les Boulbès qui restaient aux Mijanes travaillaient la terre, mais le premier ancêtre connu, François, né vers 1560, fut élu Consul de Fougax le jour de Toussaint 1603. Son élection fut contestée par la seigneuresse Louise de Levis d’Audou, soeur de Philippe de Levis VI, seigneur de Mirepoix, Laroque d'Olmes et d'autres lieux, veuve en secondes noces et troisième femme du baron et religionnaire Jean-Claude de Lévis d’Audou, seigneur de Bélesta, Fougax et l’Aiguillon (dont l'ancêtre Guy de Lévis était venu du nord avec les troupes de Simon de Montfort, et avait pris possession du château de Léran en 1226). Le procès fut gagné par François, le 19 février 1604 devant la cour du sénéchal de Carcassonne, "régnant Henry, par la grâce de Dieu roy de France et de Navarre"... (Archives Nationales, archives du château de Léran, 436AP349)

 

LA JACQUETTE - PÉRIODE DE TURBULENCES AUX MIJANES -  :

Le cas de la Jacquette...

Nous avons sans doute une arrière-arrière-arrière...grand-mère - fille-mère : la pauvre Jacquette, née en 1649, pendant la Fronde et la peste, première année de la disette 1649-52, sous Louis XIV (qui avait11 ans) et Mazarin. Dans cette période de malheurs, la fille d’Antoine Vieux fut sans doute subornée ou/et violée à 14 ans. Elle fut mère à 15 (l'étude des dates de mariage montre que les filles de cette région se mariaient ordinairement entre 20 et 23 ans), puis mariée à 23 ans à Pierre POUSSE dit La Guerre, de Roquefeuil, dont elle eut au moins deux autres enfants.


À propos de la Jacquette, étude des informations :
·     Du premier, François (le consul), jusqu’au troisième (Antoine Vieux), les Boulvès de la lignée étaient laboureurs, donc sans doute propriétaires, riches ou assez riches (“Un riche laboureur, sentant sa mort prochaine…”). La Jacquette fut-elle mariée (d’après le surnom du mari) à un mercenaire de Roquefeuil ?

·    
Alors que TOUS les Boulbès des Mijanes, sans exception, trouvaient, à cette époque et même jusqu’au XIX°s, femme à Fougax (souvent même aux Mijanes) ou à Belesta, l’autre commune de la même vallée, on a dû aller chercher un époux pour la Jacquette à Roquefeuil, commune actuellement située sur le canton de Belcaire, dans l’Aude (donc dans une autre vallée), et son fils Jean (« le bâtard ») a dû aller chercher une épouse à Benaix (dans une autre vallée située près de Lavelanet).

·     La Jacquette est morte à Roquefeuil, mais son fils Jean est mort à Fougax-Les Mijanes, où il était sans doute resté chez son grand-père Antoine Vieux (il faudrait voir ce que précise le contrat de mariage du 07.01.1669). Jean est encore cité comme laboureur sur les actes (sans doute par respect pour la famille) mais, étant né hors mariage, il n'eut certainement pas droit à héritage : ses enfants et sa descendance seront brassiers (vivant du travail de leurs bras, donc crève-la-faim). Valait mieux pas "fauter"...

CONSANGUINITÉ ? Tout cela peut expliquer bien des choses (!)
* Vallée de Fougax (Gd-père Boulbès) :
- Jacquette a donc eu un fils avant mariage, Jean, père de Pierre, père de Jean Boulbès (°1736 -
+1785)
- Elle a eu ensuite, pendant son mariage avec Pierre Pousse dit La Guerre, un autre fils, Etienne père de François, père de Jeanne Pousse (°1742 - + après 1801)
Or, Jean Boulbès et Jeanne Pousse, tous deux arrière-petits-enfants de Jacquette, se sont mariés le 12 février 1765 à Fougax...
Dans ma généalogie des Boulbès, j'ai déjà trouvé trois lignées qui remontent au même ancêtre, François, XVI°s. Il y en a peut-être d'autres.

* Vallée de Massat (
Gd-père Loubet DP, Gds-mères Bénazet-R. et Amiel F.M.) :
 - On remarque que dans les trois lignées figurent des Teychenné, ainsi que des Piquemal ! Dans une des lignées figurent 4 lignées différentes de Loubet, dans une autre 4 lignées différentes de Piquemal...

UNE TERRIBLE MORTALITÉ INFANTILE : Sur les onze enfants de Jean-Pierre Boulbès (1723) et Catherine Lagarde (1731), échelonnés sur les années 1752-1771, on note 6 décès dans les deux premières années. Pour les cinq autres enfants, dans les relevés Barby, je ne vois pas de dates de décès, mais pas de date de mariage non plus, c'est plutôt mauvais signe...

ENFANT TROUVÉE (document du haut de page) : "Le seize de juin mille sept cent trente et un a été baptisée sous condition une fille dont le père et la mère sont inconnus. Elle fut trouvée à un hameau de cette paroisse nommé Lalibert, avec un  billet (...) qui faisait entendre qu'on eût manqué à quelque chose d'essentiel en la baptisant. On lui donna le nom d'Elizabeth. Son parrain fut Baptiste Autié et la marraine Elizabeth Feuvier. Présents le sieur Feuvier et Bernard Laugé (qui ont) signé avec moi."

PRIX COGNAC : Dans la famille, le record est au nom de Jean Boulbès, brassier (19.02.1697 - 11.05.1783, Fougax - Les Mijanes). Il a eu 15 enfants avec deux épouses différentes, le premier à 24 ans, le dernier à 68 ans ! 1° mariage le 16.02.1719 avec Suzanne Maugard (1696 - 1739) : Paule, Bertrand, Jeanne, Anne, François sont nés entre 1721 et 1736. 2° mariage le 02.06.1739 (l'année même du veuvage) avec Marie Grauby : Pierrette, Pétronille, Jean, Marianne, François, Anne, Bertrand, François, François, Jeanne sont nés entre 1740 et 1763. Cadence raisonnable avec Suzanne (un enfant tous les trois ans), plus soutenue avec Marie (environ un tous les deux ans, pendant 23 ans)

PRÉNOMS : François est le prénom le plus porté dans ma branche, depuis le premier ancêtre (vers 1560) jusqu'à mon père (Marie-François) et moi. Dans la famille de Jean (ci-dessus), on remarque qu'il a donné ce prénom à quatre de ses enfants ! Il n'était pas rare de donner le même prénom à plusieurs de ses enfants, parfois pour remplacer celui d'un enfant mort en bas âge. Jean, sans doute, voulait absolument que ce prénom soit transmis !

LES JOIES DE LA GÉNÉALOGIE : Recherches… Le 18.03.1850, Jean Bénazet a épousé Marie Piquemal. Le 20.08.1875, leur fils Jean Bénazet a aussi épousé une Marie Piquemal. Le 29.08.1877, un Jean Bénazet a encore épousé une Marie Piquemal et le  06.11.1867, un Bénazet a épousé une Marie Piquemal ; toutefois, il ne s’appelait pas Jean, mais Jeannet. Ouf ! Bien sûr, quelques années plus tard, mêmes problèmes avec les (nombreuses) naissances !

HÉRITAGE... : Testament fait à Massat devant Me Espaignac par PIQUEMAL RAZET Jean ( manouvrier, Boussenac 09) le 18.04.1788 : Il lègue à son épouse Françoise TEICHENNÉ de BLAZY  la jouissance d'un pot de fer, un chaudron en cuivre, une bêche et une hache, le tout évalué 9 livres (plus pension annuelle et viagère en nature). La classe.

LES LIEUX, ACTUELLEMENT :
-
Les Mijanes, où sont nés tous mes ancêtres jusqu'en 1850, sont devenues une très belle maison d'hôtes. Contact : ch.lesmijanes@wanadoo.fr / 05 61 01 63 76.
- La métairie de La Barthole,
où est né mon grand-père, est une ferme isolée sur les flancs de la vallée (1 bon kilomètre de marche à pied ou en 4X4). Elle a été abandonnée, est tombée en ruines, puis a été rachetée par une courageuse jeune femme qui a construit sur les ruines et y vit avec ses enfants... Elle fabrique à la main et vend des châles brodés - si vous voulez acheter, vous trouverez sans doute ses coordonnées en tapant "Barthole Fougax" sur google (?). Internet nous apprend aussi qu'en 2006, un homme recherché par la police, comme présumé complice de la bande des "Tueurs du Brabant" (28 victimes dans les années 80 !!) s'était terré là : il ne pouvait mieux choisir. Mais comme il  jouait au bûcheron, un arbre lui est tombé sur la tête et l'a tué net : Chacun son métier, c'est sans doute plus facile de jouer du riot-gun...