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MAHOMET : UN PROPHÈTE FÉMINISTE ?

Un prophète féministe ? Ce sont des éléments de réflexion. Nombre d’entre eux sont discutés ou interprétés différemment. Et c’est vrai que dans l’histoire, les textes religieux comptent très peu, par rapport à ce que les hommes en font…


Le Prophète Mahomet et les Femmes


D’après l’émission (avis de musulmans) : https://www.youtube.com/watch?v=i9q2g4b5nfY

(Infos complémentaires : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89pouses_de_Mahomet )

Selon les décomptes, il épousa quinze femmes. Onze sont reconnues par tous les musulmans. Le mariage avec nombre d’entre elles avait un aspect politique d’alliance entre tribus, comme c’était la coutume, d’autres avaient pour dessein de prendre soin des veuves. Il y avait aussi les esclaves femmes (Ibn Khatib en cite 25) : celles qui se seront pas prises comme concubines seront toutes affranchies.

 

Berger, puis caravanier. À 25 ans, il épouse Khadija, plus âgée de quinze ans, riche, qui finira son éducation et sa formation. Deux fils mourront très jeunes. Quatre filles resteront (les chiites disent qu’une seule est postérieure à son mariage, donc de lui).

 

À la mort de Khadija, Mahomet a 50 ans. Il épouse deux femmes.

- Une femme pour élever ses filles, Sauda, 55 ans, qui donnera ses nuits à Aïcha.

- Aïcha a six ans, et reste chez ses parents. On dit le plus souvent que mariage a été consommé quand elle avait 9 ans. Mutine, joyeuse, joueuse, c’est la passion de Mahomet. Elle restera pour toujours la plus aimée. Un jour, Aïcha passe une nuit dehors, est ramenée par un très bel homme. Que faire ? « Dieu donne la réponse » : elle est restée pure. À partir de là, le Coran va préciser que les accusations d’un seul homme ne suffisent pas pour accuser une femme.

 

L’atmosphère à la maison est loin d’être austère. Le plaisir de la chair n’est pas séparé de la religion ni de la prière. « Ce qui différencie l’homme de l’animal est la capacité de donner du plaisir à sa femme ». Aucune limite sauf la violence : ne pas contraindre la partenaire. La puissance du corps est un don de Dieu.

 

Mahomet devient un homme respecté, sa finesse psychologique est reconnue et il est consulté par tous. Il prend alors plusieurs épouses, ce qui est normal à l’époque pour un chef militaire et politique.

- Hafsa, veuve de guerrier.

- Zaynab, veuve de guerrier.

- Umm Salama, veuve de guerrier.

- Zaynab, femme de son fils adoptif, mais il change la loi « sur révélation d’Allah » : pas d’adoption en islam.

- Juwayriya, capturée dans une bataille, butin d’un autre guerrier, affranchie, épousée.

- Rumleh, fille du chef d’un parti adverse avec qui il avait signé un traité.

- Safiya, juive, capturée lors d’une attaque, butin d’un autre guerrier, affranchie , épousée.

- Maymouna, belle-sœur d’un des ses fidèles alliés.

- Maria, esclave copte égyptienne qui lui a été offerte, affranchie, épousée (selon versions).

 

(Note : Après sa mort : « Allah a interdit » à tout homme d’épouser une veuve de Mahomet.)

 

L’homme n’a pas tout pouvoir au harem, loin de là. L’homme est tenu à une rotation rigoureuse. La femme a possibilité de négocier ses nuits avec les autres femmes. Le mari ne peut pas délaisser une des femmes. Sinon il y a des rébellions. Les femmes ne sont pas soumises, elles parlent haut et fort. Nombreuses possibilités de conflits. Il est cité dans les hadits qu’un jour elles lui demandèrent de l’argent : il refusa et refusa aussi de les voir pendant un mois…

 

Aïcha est jalouse, veut rester la préférée. Elle a des colères terribles et c’est une tigresse redoutée. Problèmes au harem : alors « il reçoit de Dieu » une révélation limitant la polygamie à quatre femmes, envers qui on DOIT être juste et équitable. Sinon il doit se contenter d’une seule. Mais « Dieu ajoute » qu’on ne PEUT pas être juste et équitable - ce qui sous-entend qu’on doit être monogame ?

 

Après de longues années de guerres et de négociations, il est maintenant chef politique et guide spirituel, chef de la nation musulmane. Le monde bascule d’un système de références à un autre : tout le monde lui demande conseil.

 

Il n’a pas de préjugé sur les femmes. Il combattra la conception selon laquelle la femme est une créature du second degré. Les femmes le consultent aussi. Une femme le consulte parce que son mari a « un pénis flasque » : il l’autorise à demander le divorce. Il va interdire l’infanticide des filles, très fréquent. Il donne à la femme une existence juridique. « Il reçoit de Dieu » le verset qui donne aux femmes le droit à l’héritage et à la transmission des biens. Point essentiel dans la dignité de chaque femme (et révolutionnaire !). Il ordonne aux hommes de ne pas maltraiter leurs épouses. Lui ne l’a jamais fait. Il prend le parti d’une épouse battue et lui ordonne de gifler publiquement son mari. NI excision NI circoncision NI lapidation n’existent dans le texte du Coran. AUCUN texte n’oblige la femme à épouser un homme qu’elle ne veut pas. Mahomet a révolutionné le statut des femmes. Aucune information ne parle d’un prophète rigoriste, en particulier au sujet du voile, mentionné (dans une forme non précisée) mais secondaire pour lui. Le voile ne peut être une obligation dans l’islam. Seuls les législateurs, par la suite, ont eu peur de la femme « impossible à satisfaire ».

Mais il est vrai qu’un verset autorise les maris à frapper leurs épouses. C’est LE verset qui pose problème - surtout si on le considère du point de vue de notre temps...


Mahomet n’a pas la possibilité de transformer totalement une société où la femme était encore un être mineur. Omar ibn al Khattab, un proche compagnon, va tout faire pour freiner l’émancipation des femmes. C’est un homme fort et fruste. Il est craint des femmes (alors que le prophète ne l’est pas). Il veut les enfermer, les cacher, les voiler.

 

Mahomet a peur que ses interdictions soient oubliées après sa mort. Jusque dans ses derniers discours, il se montrera attaché aux droits des femmes. Il choisira de passer ses derniers jours dans la maison de Aïcha, seul avec elle, et mourra « dans ses bras ».

 

Sans conteste un homme moderne pour son époque. Serait-il fier de ses héritiers ? Une forte minorité d’entre eux veut imposer une relecture de l’islam. Mais « Si on respectait le Coran, le statut de la femme musulmane serait peut-être, même actuellement, le meilleur dans le monde. »

 

- Virginité : De toutes les femmes que le Prophète a épousées, aucune n’était vierge, à l’exception d’Aïcha bien sûr. Toutes étaient veuves ou divorcées. Khadija et Maymouna furent épousées en troisièmes noces seulement.

 

- «  La recherche du savoir est une obligation pour tout musulman et toute musulmane » dit le Coran. Pour être une bonne musulmane, il faut faire des études, pas se marier très vite.

 

- Le prophète a épousé sa propre patronne, une femme d’affaires ! Comment peut-on dire qu’une bonne musulmane ne doit pas travailler, doit rester à la maison ?

 

« Ce sont les hommes qui font parler l’islam depuis des siècles. Vu ce qu’ils en ont fait, voyons ce que les femmes pourraient en faire… »